Mais ça, c’était avant.

“Apart” Crédit photos Hartwig HKD

C’est en 2006 que j’ai eu pour la première fois envie de créer une structure. J’avais 28 ans. Je voulais m’associer avec ma soeur esthéticienne et créer un salon de beauté de rituels du monde. Elle n’en a jamais rien su : après quelques recherches sur l’offre existante (#InstantJargon : Benchmarking), j’ai vu que cela nécessitait des investissements importants, que cela existait déjà, que le concept était franchisé, que la franchise nécessitait des investissements importants, que je n’y connaissais rien en esthétique cosmétique. Accessoirement, dans le même temps, j’ai divorcé, ce qui en terme de stabilité de vie, il faut l’avouer, n’est pas optimal pour se lancer dans ce type de projet.

En 2008, j’ai eu l’idée de créer des ateliers de cuisine avec restauration associés à une boutique de vente de produits et ustensiles de cuisine. Je n’avais pas plus de fonds que 3 ans avant, plutôt moins, en fait. J’avais un petit en bas âge. Je me suis dégonflée bien vite et ai accepté un job bien mais pas top mais assuré dans une entreprise locale. L’Atelier des Chefs a été créé la même année, comme quoi je tapais pas tant que ça à côté niveau pif pour sentir les marchés.

En 2011, j’étais employée dans une entreprise en baisse d’activité. Pour combler le chômage technique auquel j’étais soumise, j’ai créé une activité d’écrivain public. Cela a fait un petit complément de revenu, de belles aventures, mais aussi un constat : peu importe à quel point j’aime écrire, le fait d’en faire une obligation lui enlevait la moitié du temps sa saveur. Je ne me suis pas amusée. Je n’ai pas vraiment choisi mes projets, j’ai pris ce qui venait, et les projets trop longs créaient assez rapidement de la lassitude et de l’ennui. Mais c’est la première fois que j’ai osé : sans enjeux.

En 2012, l’entreprise suscitée en baisse d’activité a été liquidée. J’ai essayé de voir si l’association de danses du monde dans laquelle je donnais et donne encore des cours ne pouvait pas se décliner en mode boutique de costumes traditionnels + cours de danse + librairie salon de thé dédiée à la danse. J’ai poussé un peu plus, cette fois. Je n’étais pas seule cette fois-ci, ma camarade de jeu dans l’asso était prête à y aller aussi.

Pôle Emploi ne m’a guère encouragée, les tarifs des locaux adaptés sur Brest m’ont calmée, et c’était encore un projet à (très) fort investissement financier de départ. J’ai accepté un job dans le public.

En 2018, j’y retourne, ça démange. Mais cette fois-ci, je commence par le début. Ne serait-ce qu’un petit bilan des non-actions passées.

Je me suis heurtée à beaucoup de choses, à commencer par des freins psychologiques internes.

Le syndrome de l’imposteur, pour ne citer que lui, que je décline à merveille en syndrome de la bonne élève (ne cherchez pas, il n’existe pas, mais on pourrait par exemple le résumer en perfectionnisme doublé d’un besoin de reconnaissance/admiration de la hiérarchie/des professeurs, comme quand petit on ne veut pas être aimé mais préféré, ne pas bien faire son job, mais le faire mieux).

Un rapport à l’argent à la fois simple mais complexe dans le cadre d’une création d’entreprise : à titre personnel je cherche à m’en détacher le plus possible pour en être indépendante. De la même manière, je ne souhaite pas que l’argent soit un frein de réalisation et d’accomplissement pour quiconque. Par exemple, je donne des cours de danse bénévolement, parce que pourmoi tout le monde doit avoir accès aux loisirs et à la culture. Si je pouvais n’avoir que des activités gratuites pour les bénéficiaires, cela m’irait complètement.

Une difficulté à faire confiance et des difficultés communicationnelles à convaincre, ce qui rend compliqué la tâche quand on doit partager et faire adhérer à ses projets et enthousiasmes.

Un besoin de contrôle total, et une nécessité d’espace de liberté /créativité, qui rend difficile, voire impossible les constructions de visions partagées.

En résumé, je voulais donc n’y aller qu’avec un projet parfait, fini, complet, et y aller seule.

Evidemment, je n’y suis jamais allée.

Mais ça, c’était avant.

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